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Emile Dubois vous fera découvrir une planète lointaine en voyageant à
travers une exposition de jouets en bois. L’artiste sculpte des troncs
d’arbres et des mots et vous transporte dans ce monde lointain de la
planète Dubois. C’est en rêvant que l’on va sur cette planète imaginaire et en
jouant avec les jouets en bois que l’on peut imaginer notre avenir. Face aux
crises majeures que nous traversons sur terre, retrouver de l’espoir par
l’exemple de cette société qui a déjà dépassée notre stade crucial
d’évolution. Un spectacle riche de son décor en matériaux nobles, pour
aborder mine de rien des sujets de société tels que l’écologie, l’impact
climatique et l’importance de la vie.

Des jouets en bois à découvrir avec ses parents pour parler aux petits et
grands d’un univers plus humaniste.
Une exposition qui vient étoffer la mise en scène de voter évènement pour
attirer l’œil du public. Ce décor reste visible pour les passants qui
déambulent sur votre évènement, même en dehors des temps où l’espace
de jeu est ouvert au public.

Spectacle de la Compagnie La Nandi (26) vu le 31 Mars 2026 à 20 h au Théâtre de Privas (07)

 

Au Théâtre de Privas, la Compagnie La Nandi propose avec « Michelle, doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? » une forme théâtrale résolument esthétique et profondément ancrée dans le mouvement. Ici, le théâtre s’écrit autant avec les corps qu’avec les mots. La mise en scène, très esthétique, privilégie l’élan, le déplacement, l’énergie collective, comme si le sens naissait avant tout du mouvement, des trajectoires, des présences.

Et cela commence avant même que la représentation ne débute véritablement. Alors que le public s’installe encore dans la salle, une musique actuelle, puissante, presque envahissante, emplit l’espace. Sur scène, déjà, Michelle est là. Seule. Elle danse. Habitée par le rythme, elle semble évoluer dans sa chambre, dans cet espace intime que l’on devine sans jamais le voir. Elle s’écoute, se regarde, se met en scène, dans une gestuelle familière, celle d’une adolescence connectée. À plusieurs reprises, une autre figure apparaît et frappe à une porte invisible. On devine une mère, une présence du réel qui tente d’entrer. Mais Michelle ne répond pas. Elle reste absorbée, enfermée dans sa bulle, comme tant de jeunes aujourd’hui, happés par leur monde intérieur et numérique. Très vite, le collectif s’impose. Une bande d’adolescents — Kim, Angèle, Sélim, Abel — surgit avec son énergie brute, ses éclats de voix, ses échanges incessants. Téléphones à la main, ils se parlent, se filment, se répondent, dans une agitation permanente. Direction : Auschwitz-Birkenau. Le choc entre leur monde et celui qu’ils s’apprêtent à découvrir est immédiat.

La scénographie, minimaliste et inventive, accompagne avec intelligence ce déplacement. De simples balançoires suffisent à évoquer le trajet, avant de se transformer, dans une image forte, en rails menant au camp. Le mouvement devient alors mémoire. Un moment de suspension s’impose à leur arrivée. Les corps se calment, les voix se taisent. Face au lieu, quelque chose résiste encore à la vitesse du monde. Un silence habité, fragile, qui marque. Mais ce fragile équilibre se brise. Michelle prend un selfie. À partir de cet instant, la pièce bascule dans une autre dimension : celle du regard des autres, démultiplié par les réseaux sociaux. Les commentaires surgissent, violents, brutaux, sans filtre. L’espace scénique devient le lieu d’un tribunal invisible. Ainsi, la séquence de la danse masquée s’impose comme un moment particulièrement marquant. Les visages disparaissent, les corps se fondent dans une masse anonyme. Cette chorégraphie donne à voir la violence déshumanisée du harcèlement en ligne. Ce ne sont plus des individus qui jugent, mais une foule indistincte, insaisissable, presque mécanique. Michelle, au centre, semble prise dans un engrenage qui la dépasse. À leurs côtés, deux adultes les accompagnent, figures d’autorité incarnant leurs enseignants. Mais très vite, leur posture vacille. Face à cette jeunesse connectée, rapide, insaisissable, ils semblent eux-mêmes en décalage, comme dépassés par les codes et les usages qui leur échappent. Leur présence, loin d’apporter un cadre rassurant, révèle au contraire une forme d’impuissance : celle d’une génération qui peine à trouver sa place face à un monde en constante mutation.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette proposition, c’est ce théâtre du mouvement, presque chorégraphique, où les corps prennent le relais des mots. La danse, les déplacements, les interactions physiques deviennent un véritable langage à part entière. À travers cette écriture scénique très incarnée, la pièce traduit avec justesse une jeunesse dans l’instant : des adolescents pris dans le flux du présent, dans la rapidité, l’immédiateté, dans cette manière d’exister ici et maintenant, sans distance, sans ralentissement. Le corps devient alors le reflet direct de cette génération connectée, toujours en action, toujours en réaction. On pourra toutefois noter des voix parfois un peu basses, qui peinent par moments à porter pleinement le texte, ce qui atténue légèrement l’intensité de certaines scènes. Mais là encore, ce choix peut se lire comme une volonté de traduire une jeunesse dans l’instant, dans l’immédiateté, où tout se vit sans toujours se déposer. Sans jamais juger ses personnages, la pièce interroge notre rapport à l’image, à la mémoire, et à cette société du regard que nous avons construite. Elle ouvre des pistes, esquisse des questions, sans toujours chercher à les approfondir.

On ressort avec une sensation troublante. Celle d’un monde qui va trop vite. Où l’image précède le regard, où le geste de publier devance celui de comprendre. Un simple clic, presque anodin, et déjà tout s’emballe. Les réactions fusent, les jugements tombent, souvent sans nuance, sans recul. Face à cela, je me suis sentie à la fois spectatrice… et un peu étrangère. Comme si le temps de la réflexion s’était dissous dans l’immédiateté. Comme si, derrière chaque image, il n’y avait plus vraiment de silence possible.

Et peut-être est-ce là que la pièce touche juste : dans cette inquiétude diffuse.
Car à force de tout montrer, de tout partager, de tout commenter…
prenons-nous encore le temps de regarder ?

Claire Thomas

 

Spectacle de la compagnie Les Framboisiers (59) vu le 22/03/2026 à 16h au Théâtre Le Chapeau Rouge (84)

 

Valeur ajoutée : Dégustation thé + tartine de confiture ; rencontre avec les artistes avant scène 

À peine le spectateur s’assoit dans la salle qu’il se trouve dans un salon. Le théâtre Au chapeau rouge permet cette proximité immersive. Il n’y a pas de vie pour le moment, aucun signe humain, juste des objets d’un autre siècle. Et il y a cette chaise longue au fond de la scène couverte d’un tissu rouge qui retient mon attention. Elle est vide mais amène une forme de prestige. Puis la scène se remplit avec les quatre acteurs qui nous invitent dans un voyage.

Tout du long aucun objet ne va être déplacé ou très peu. Nous allons rester dans une pièce qui est semblable à un salon où l’on invite des amis, des compagnons. Mais cette même pièce va être comme transportée à travers le globe. Dans les premiers instants du récit, je ressens que je suis transporté en Afrique du Nord où l’image de l’albatros nous fait comme voler dans les airs. Ça me fait penser aux contes des Mille et une Nuits et d’Aladin avec son tapis volant.

Il y a une chaleur ambiante qui se dégage au fur et à mesure. Sûrement encore une fois par la proximité du public et de la scène mais surtout par la profondeur du récit. Puisque tout va très vite, l’on passe de séquence en séquence avec une forme de frénésie. Ce qui va très bien avec le personnage de Baudelaire qui est reconnu pour ses excès.

Une vitesse qui à un moment donné bascule. J’ai été imprégné par la scène qui traite de la dépression. La lumière projetée sur le visage du poète est à ce moment là verte. Ce qui est poignant. Elle provoque un vertige. Un moment dans la vie du poète où il y a peu de vie, peu de volonté. Cette lumière évocatrice et merveilleusement choisie est de nouveau présente dans la séquence sur le temps. Un temps qui file à vive allure et qui transforme l’humain comme une bestiole. Il court, court, s’arrête et devient fou. Et en même temps, davantage lucide.

Un moment fort qui m’a beaucoup parlé est cet instant choisi relatif à la mer. Il me parle particulièrement puisque j’ai moi aussi écrit un poème sur cet élément quand j’étais face à la mer à Gènes en janvier de cette année. Ici le poète est face au public, seul sur scène et parle avec poésie de cette reliance entre l’âme de l’eau et de l’humain. Il parle de cette énergie qui est force de volonté. Et qui parle de voyage. C’est un contraste assez fort entre les scènes du temps et de la dépression et celle-ci.

Cette création scénique est une fièvre sur la puissance de la vie. Le temps et la mort font partie du scénario mais finalement l’amour est encore plus fort.

 

Yann Stöhr

 

Spectacle de la Compagnie la Accidental Company (34) vu le 5 Mars 2026 à 18 h 30 au Mett au Teil (07) en sortie de Résidence.

 

Au cœur de l’Ardèche, le lieu de création Le Mett poursuit avec conviction sa mission d’accompagnement des artistes. Dédié aux arts de la marionnette, cet espace singulier accueille des résidences de création, développe des actions de médiation culturelle, propose des formations et met à disposition des ateliers de fabrication. Autant d’initiatives précieuses pour permettre aux compagnies de chercher, expérimenter et faire évoluer leurs créations au contact du public. C’est dans ce cadre qu’a été présentée la sortie de résidence d’une troupe franco-espagnole, venue partager une étape de travail d’un spectacle encore en construction, mais déjà riche de propositions sensibles et inventives. Le titre renvoie à la figure mythologique de Némésis, symbole de justice et de rééquilibrage face aux excès humains.

Le spectacle raconte l’aventure scénique de trois hommes qui tentent de retrouver la mémoire de leur meilleure amie, morte dans des circonstances mystérieuses au début des années 2000. Ensemble, ils revisitent ce passé trouble et cherchent à faire revivre celle qui n’est plus là. À travers leurs récits se dessine aussi l’histoire d’un lieu qu’ils avaient créé, baptisé lui aussi « Némésis », un espace de rencontre et de divertissement où ils tentaient de trouver leur place dans la micro-société urbaine et agricole espagnole qui les entourait, malgré leur caractère décalé. Dans cette tentative d’inventer un espace de vie à leur mesure, les quatre amis cherchent peu à peu à s’inscrire dans le territoire qui les entoure. Ils croisent leurs voisins, se confrontent aux institutions locales et rencontrent des figures plus troubles encore. À travers ces interactions parfois inattendues se dessine la fragile existence de ce lieu de convivialité qu’ils avaient imaginé. Une parenthèse collective qui tente de résister, tant bien que mal, à l’emprise grandissante d’un tourisme de masse et d’un système économique de plus en plus rude pour les marges.

La proposition scénique assume une forme hybride et foisonnante. Théâtre, improvisation, musique, marionnette, jeux d’ombres et touches circassiennes — notamment autour d’une échelle — se mêlent pour créer une matière scénique vivante. La scénographie, volontairement minimaliste, entretient une part de mystère : le spectateur ne sait jamais vraiment s’il se trouve dans un hangar, un parking ou un lieu abandonné. Un grand drap traverse la scène et devient surface de projection pour les ombres et certaines images. L’univers visuel repose largement sur le recyclage d’objets et de matériaux simples. Cette esthétique artisanale s’exprime notamment dans l’utilisation de silhouettes ou de visages dessinés sur du carton, aux traits presque enfantins, qui deviennent personnages à part entière grâce à quelques accessoires détournés. Parmi les moments qui m’ont le plus marquée, une scène mêlant marionnette et danse sur rollers touche particulièrement par sa poésie. Un comédien sur roller fait évoluer la marionnette représentant la défunte dans une sorte de ballet fragile et délicat. Le personnage n’est pas totalement achevé — la poupée n’a ni mains ni pieds — mais loin de constituer un manque, cette incomplétude renforce au contraire la dimension imaginaire de la scène. Portée par le jeu du comédien, la figure prend vie et devient un moment d’émotion pure. J’ai également beaucoup apprécié le travail physique des comédiens, notamment leurs acrobaties avec l’échelle. En s’en emparant, ils transforment l’espace scénique et jouent avec la verticalité : parfois tout en haut de la structure, parfois au sol, ils déplacent sans cesse notre regard et ouvrent de nouvelles perspectives dans la scène. Trois comédiens portent la pièce avec énergie et générosité. À leurs côtés, une jeune femme à la technique intervient également sur scène dans la dernière partie. Elle devient alors une sorte de médiatrice, celle qui ose poser la question que les trois amis évitent depuis longtemps : que s’est-il réellement passé lors de la mort de leur amie ? Sa présence introduit une tension nouvelle et souligne un autre thème fort du spectacle : la difficulté à libérer la parole et à affronter la vérité.

Comme toute sortie de résidence, cette présentation laisse apparaître quelques zones encore à préciser. La richesse des propositions et des thèmes gagnera sans doute à être davantage structurée afin de fluidifier le fil dramaturgique et relier plus clairement certaines séquences. Un point technique pourrait également être amélioré : le travail du son. Le micro occupe en effet une place symbolique importante dans la pièce, puisqu’il devient à certains moments l’incarnation du pouvoir et de la parole dominante. Les passages alternant jeu avec et sans micro gagneraient à être mieux équilibrés afin que la parole des comédiens et les intentions du texte soient pleinement portées jusqu’au public. Mais ces ajustements semblent avant tout relever d’un processus de création encore en cours. L’énergie du groupe, l’inventivité scénique et la sincérité du jeu laissent entrevoir un spectacle très prometteur. La compagnie nourrit par ailleurs l’ambition de faire voyager cette création en plusieurs langues — castillan, catalan, italien et français — signe d’une volonté de dialogue au-delà des frontières et prépare sa première officielle qui aura lieu le 06 août 2026 au festival MIMA de Mirepoix.  Ce sera l’occasion pour le public de découvrir pleinement cette pièce qui par sa force atypique et sa singularité sensible, promet déjà de toucher et d’accompagner chacun, de laisser une trace vivante et douce dans le souvenir des spectateurs.

Un grand merci à Accidental Company et à l’ensemble des comédiens pour leur énergie, leur inventivité et leur audace scénique. Merci également à l’équipe du Mett, dont le travail patient et passionné permet à ces créations de s’épanouir et de continuer à faire vibrer l’imaginaire. Cette pièce est un acte de résistance, de révolution et d’amitié, un récit de victoires et de non-victoires. Elle nous rappelle que nos échecs peuvent, parfois, devenir des victoires, et que c’est dans ces marges, ces gestes inattendus et ces histoires singulières, que se tissent les expériences les plus humaines et les plus puissantes. C’est aussi dans ces lieux de création, où chaque souffle et chaque geste compte, que les spectacles prennent le temps de grandir avant d’aller rencontrer le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Spectacle de la Compagnie la Coopérative 326 (56) vu le 3 Février  2026 à 20 h au Théâtre de Privas (07)

 

Dans Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco, mis en scène par Jean Lambert-wild, il ne s’agit pas seulement d’assister à l’agonie d’un roi : il s’agit d’approcher, pas à pas, l’idée même de notre propre disparition. Le roi Bérenger Ier se croit immortel. Il refuse la fin…Comme nous tous.

Autour de lui gravitent des figures qui incarnent différentes manières d’envisager la mort. Les deux femmes, notamment, dessinent une opposition limpide. L’une est la raison, la lucidité, l’acceptation. L’autre déploie au contraire l’élan de la jeunesse, la spontanéité, la légèreté encore insouciante de celle qui croit que l’amour peut triompher de tout. Deux élans profondément humains : consentir ou nier. Les deux comédiennes portent avec finesse cette dualité essentielle.  Le garde, lui, est le témoin de l’histoire.  Il observe, intervient, ponctue. Clown Auguste, il porte la naïveté, la maladresse et une forme de bon sens instinctif. Il voit sans pouvoir agir. Sa présence crée une distance, parfois un rire, souvent teinté d’amertume. La petite bonne, plus lucide qu’il n’y paraît, semble comprendre avant les autres ce qui est déjà en marche. La mise en scène choisit résolument le prisme du clown pour traverser l’absurde. Par le rire, par les situations burlesques, par le décalage, elle nous conduit vers un sujet grave : la mort. Le médecin-astrologue, juché sur ses échasses, immense, domine la scène de son savoir et annonce l’inéluctable comme une vérité cosmique. Et au centre : le roi, clown blanc. Figure d’autorité persuadée de maîtriser le monde, il incarne l’illusion du contrôle. Mais peu à peu tout se fissure — le corps, la voix, la certitude. Le clown blanc devient l’homme nu face à sa  fin.

On rit . Malgré la gravité du sujet, les décalages et les surgissements burlesques déclenchent un rire franc, parfois libérateur. C’est l’une des grandes réussites de cette proposition : tenir ensemble le rire, l’angoisse, la légèreté et la finitude. Entre théâtre et art du clown, le spectacle trouve un équilibre intelligent et sensible.

Les comédiens sont remarquables de précision et de justesse. Chacun trouve sa place sans jamais forcer l’effet, dans un équilibre délicat et une maitrise collective qui donnent au spectacle sa cohérence. Les moments d’interaction avec le public, laissant place à l’improvisation, offrent des respirations bienvenues dans un spectacle exigeant. La durée — près de deux heures — laisse parfois affleurer quelques longueurs, surtout dans la dernière partie. On se surprend à attendre que la mort advienne enfin ; mais cette attente fait aussi partie de l’expérience : elle nous place face à notre propre impatience devant l’inéluctable. Et puis il y a Pompon, le petit cochon. Présence incongrue et pourtant juste,  dans son absurdité tendre, il rappelle la vie brute.

Un immense bravo à la comédienne Odile Sankara pour son  monologue de la première reine, figure de la raison et de l’acceptation. D’une justesse magnifique, sans pathos ni emphase, elle accompagne le roi jusqu’au seuil et prononce l’irrévocable. C’est elle qui annonce sa mort. Un instant d’une force rare, où la parole cesse de lutter contre la fin pour simplement dire la vérité.

Il faut saluer le travail de toute l’équipe pour la justesse du ton, la précision du jeu et l’intelligence collective de la proposition. Une proposition forte, créative et imaginative, qui interroge notre rapport à la mort, à la vie et à la manière dont chacun la perçoit, la refuse ou l’apprivoise . Un spectacle exigeant, sensible, et  profondément humain. Bravo à  la Coopérative 326.

Claire Thomas

 

Spectacle du groupe MM – Milane Cathala-Di Fabrizio (13) vu le 23/01/2026 à 20h au Théâtre Golovine (84)

Sur la scène, un cercle. Dans les premiers instants, c’est ça qui retient mon attention. Le cercle des limites mais aussi le cercle des possibles. La scène est nue, elle laisse la place au mouvement et à l’histoire qui se danse. La présence calme et attentive des deux musiciens de chaque côté de l’espace scénique est en parfaite harmonie avec les danseurs où une succession de tableaux avec différents rythmes et vibrations sonores raconte quelque chose de différent.

Ça commence par une rencontre, l’excitation de deux êtres qui apprennent à se connaître. Qui se découvrent. Il y a des mouvements lents, d’autres rapides. C’est la joie de l’enfant qui est heureux de jouer avec une nouvelle personne. A ce moment là, ils sont à l’extérieur du cercle. L’émotion est à fleur de peau. Ce sont deux mondes qui observent, qui s’observent et qui cherchent à se comprendre. Chacun cherche à faire rentrer l’autre dans son monde.

Et si le monde pouvait se vivre de l’intérieur ? C’est la rentrée dans le cercle. Changement de tableau. Les mouvements du corps bougent le sable, la permanence, ce qui est silencieux. Pour apporter son caractère, son souffle. Qui domine l’autre ? Mouvement de peau, de corps. Intense dans une forme de transe. Les corps se mélangent, s’assemblent. Il se ressemblent , essayent de s’assembler.  Mais la fracture est fine.

La mort de sa moitié. D’une femme qui s’écrase sur le sol. Casse et remet tout en jeu. Comment renaitre ? Est-ce que je peux aider l’autre à retrouver la force d’avancer ? Par ce qu’au fond à deux on est plus fort ? Puisqu’au fond l’amour de l’autre nous permet de nous dépasser. La nouvelle version de nous même nous révèle au monde. Avec plus de force. Un équilibre des polarités. L’homme et la femme qui dessinent leur chemin.

Cette danse contemporaine est un duo qui réunit deux mondes, avec des sensibilités différentes mais qui arrivent à créer un monde commun, par le goût du voyage et de la rencontre. Ce sont deux amis. Deux amants ou deux amours. Deux fleurs fragiles qui se délivrent par la danse.

Yann Stöhr

 

OMG! OMG! Après avoir longuement médité , Bouda OMG! émerge des profondeurs pour répondre à l’appel des humains en quête de transformation.

Puisant librement dans les enseignements d’Arnaud Desjardins, de Lao Tseu ou encore d’Eckhart Tolle, ce gourou délivre le témoignage naïvement sincère d’un homme ordinaire, aux prises avec ses conflits intérieurs et aspirant à trouver la paix dans un monde en pleine transition.

Portés par des instrumentales house profondes et organiques, lui et ses fidèles house dancers nous invitent donc à danser en conscience sur la piste du nightclub, espace-temps propice à la libération du corps et de la pensée.

Sur scène, un homme et un arbre. Ils se connaissent, ils sont amis, confidents. Depuis… très longtemps. Qu’ont-ils à s’apprendre, à se donner, à se raconter ? Quelles histoires ont-ils déjà vécues, inventées, chantées, rêvées ensemble ? Comment peuvent-ils encore se surprendre et nous étonner ?nnCet arbre représente tous les arbres à lui seul… Quels secrets garde-t-il, quels trésors cache-t-il ? Quelle langue parle-t-il ?nCelle du bois dont on fait les instruments de musique, celle du vent qui fait danser ses feuilles, celle des oiseaux qu’il abrite au creux de ses branches… et bien d’autres encore !

Bucarest 2009, vingt ans après la chute des Ceausescu, un frère et une sœur que tout oppose, se retrouvent. Lui a grandi dans les terribles orphelinats des dictateurs, elle a été adoptée par des français et est devenue une vedette de la chanson.nnVingt ans qu’ils ne se sont pas vus, comment vont se passer les retrouvailles ? Une nuit c’est court pour réparer une vie, une nuit c’est cruel à l’égal du temps qui passe, une nuit pour envisager une vie.nnTirée d’une histoire vraie, une comédie dramatique souvent dure, parfois drôle, mais surtout bouleversante. Une réflexion sur la dictature, ses conséquences, la résilience, et quelle transmission après le traumatisme ?

Plongez dans un univers « steampunk uchronique », où trois personnages musiciens, haut perchés, tout droit sortis d’une bande dessinée ou d’un film fantastique, tentent par tous les moyens de rallier le public à leur cause : prophéties, cérémonies, séances de ralliement…nnL’omniprésence d’une musique entièrement « live », évoquant une Europe de l’Est dopée aux amphétamines, apporte une énergie franche et communicative.